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Message
du Père Général |
Congrès des directeurs d’établissements secondaires jésuites d’Europe Varsovie 16-20 Octobre 2002 C’est pour moi un plaisir que de vous accueillir, vous tous qui êtes venus à Varsovie pour le 4ème Congrès des directeurs d’établissements secondaires jésuites d’Europe. Puisque vous avez un rôle vitalement important dans l’apostolat éducatif de la Compagnie dans cette partie du monde, j’aurais souhaité me trouver avec vous en personne. Je m’étais malheureusement précédemment engagé à assister à une réunion des Provinciaux des Etats-Unis. Je me réjouis néanmoins de cette opportunité qui m’est donnée de vous accueillir et de vous adresser quelques mots. Avant tout, j’aimerais vous exprimer ma profonde gratitude pour avoir accepté une mission de direction dans les écoles secondaires jésuites. La charge de directeur est lourde à toute époque, mais diriger une école demande de nos jours une forme spéciale de courage et de générosité. Les attentes sont nombreuses, les ressources souvent rares et chaque jour apporte de nouveaux défis. Vos solides convictions sur l’impact que l’éducation jésuite peut avoir sur la vie de vos élèves vous ont cependant amené à embrasser cette forme particulière de service et je vous en remercie. J’aimerais ajouter une parole spéciale d’encouragement aux directeurs laïcs qui se trouvent ici. Votre nombre a cru significativement depuis le dernier Congrès en 1999 et continuera à augmenter. Je réalise que la Compagnie vous demande beaucoup. Vous êtes appelés non seulement à diriger vos établissements selon les standards de professionnalité les plus élevés, mais aussi à préserver et à promouvoir le caractère et la mission spécifiquement jésuite de ceux-ci. Vous avez été invités à vous plonger dans une tradition vieille de plus de 450 ans et à la faire vôtre. J’ai bon espoir que vous offrirez votre propre contribution à cette tradition. Pendant des siècles, les Jésuites ont été fameux pour parler de « nos » collèges. Nous voulions dire par-là des écoles animées presque entièrement par des prêtres, étudiants et frères Jésuites. Il y a maintenant du nouveau. La signification de ce « nos » a un sens beaucoup plus large. Il vous inclut et nous vous considérons comme des compagnons dans l’apostolat de l’éducation. Nous vous accueillons pour les dons que vous apportez à ces établissements scolaires justement en tant que laïcs. Nous savons que ces collèges seront enrichis et bénis par votre présence. Pour notre part, nous vous promettons, comme Jésuites, de partager avec vous, notre expérience, nos ressources, notre confiance et notre amitié. Le sujet que vous choisi comme thème de votre Congrès, “L’éducation dans une société multimédia” provoquera certainement une réflexion sérieuse et une discussion animée ! Je suis heureux de voir que vous vous pencherez sur trois aspects clés du monde des médias, le pédagogique, le social et l’éthique. J’aimerais partager avec vous une brève considéation sur l’aspect pédagogique. Les gens prennent des positions très différentes par rapport aux médias. Certains vivent très à l’aise avec ; d’autres sont plus mal à l’aise ou suspicieux. Notre tradition jésuite suggère que nous regardions les médias comme n’importe quelle autre réalité créée, avec respect. Ils sont des créatures et peuvent mener à Dieu, comme en éloigner. Comme éducateurs, vous réalisez que les médias ont un extraordinaire potentiel pour le bien. Ce qui est plus important, ils peuvent aider les étudiants à apprendre. Ils peuvent engager les sens et l’imagination. Ils peuvent ouvrir un esprit jeune à l’émerveillement et à l’aventure. Ils peuvent conduire à la joie de l’apprentissage. Les enseignants peuvent également trouver en eux une ressource bienvenue pour développer une pédagogie caractérisée par la créativité, l’innovation et la considération pour le bien de chaque élève ou groupe d’élèves. Sous ce regard, je ne peux m’empêcher de penser à Ignace, qui était toujours désireux d’adapter les Exercices Spirituels à chaque retraitant. En outre, je subodore qu’il y a une relation entre les médias et le Paradigme Pédagogique Ignatien. Cela serait sans doute utile de réfléchir à cette relation durant ces jours. Il est sans doute significatif que votre Congrès ait lieu pour la première fois en Europe de l’Est. Votre présence à Varsovie reconnaît et célèbre la renaissance de l’éducation secondaire jésuite dans une partie de l’Europe où elle avait fleuri pendant des siècles. Avec vous je suis admiratif de nos collègues est-européens pour leur audace apostolique, leur ingéniosité et leur détermination devant des obstacles impressionnants. Ils méritent notre soutien et nous avons beaucoup à apprendre d’eux. C’est un moment opportun pour parler de collaboration. Quand nous voyons tous les défis auxquels nous devons faire face – dans notre contexte local, européen et mondial – nous réalisons très rapidement que nous avons besoin de l’aide les uns des autres. Nous sommes limités par notre propre situation géographique, temps et histoire. Nous avons besoin d’être ouverts aux intuitions et aux expériences des autres comme à leurs succès et échecs. Nous pouvons accomplir tellement plus quand nous travaillons ensemble plutôt qu’en essayant de tout faire de notre côté. Nous trouvons force et encouragement quand nous nous tenons solidaires les uns des autres. Je vous encourage donc à trouver des façons pratiques de collaborer entre vous, tant au niveau régional qu’international, et à demeurer en communication entre vous après ces journées à Varsovie. J’ai déjà mentionné le Paradigme Pédagogique Ignatien. Dans les prochains mois, la Commission Internationale sur l’apostolat de l’éducation jésuite, vous demandera de participer à une évaluation de l’efficacité de ce document ainsi que du texte intitulé « Allez et enseignez : Les caractéristiques de l’éducation jésuite ». Je suis sûr que votre participation nous aidera tous à comprendre ce que nous avons réalisé dans le renouveau de l’éducation secondaire jésuite depuis la publication de ces deux textes et ce qu’il demeure encore à accomplir. En nous engageant dans l’évaluation, nous poursuivons notre application du paradigme lui-même. Nous en sommes maintenant en effet à la cinquième étape, ‘évaluation’. Depuis la publication de ces deux documents, il y a eu beaucoup « d’action », d’activités, de programmes, et de projets. Il est maintenant temps d’évaluer cette « action ». Tout au long de cette évaluation, vous trouverez sans doute utile de garder à l’esprit les trois célèbres questions d’Ignace. Elles sont aussi exigeantes aujourd’hui qu’hier : « Qu’ai-je fait pour le Christ ? Que suis-je en train de faire pour le Christ ? Que dois-je faire pour le Christ ? » (Ex 53). Pour conclure, j’aimerais remercier le Comité Jésuite Européen pour l’Education Secondaire pour l’organisation de ce Congrès. Une gratitude toute spéciale ira au Père Wojciech Zmudzinski et à l’équipe du Centre Arrupe, qui ont pris soin des nombreux soucis pratiques de ces journées. J’aimerais exprimer ma reconnaissance au Père Pierre Salembier alors qu’il achève son mandat de Président du Comité Jésuite Européen pour l’Education Secondaire. La direction sage et généreuse du P. Salembier a été un don pour nous tous. Finalement je voudrais étendre mes remerciements à vous tous pour avoir consacré ce temps à l’apostolat de l’éducation secondaire jésuite. Puisse le Seigneur vous bénir en abondance, ainsi que vos familles, vos collègues et vos élèves.
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